28.01.2007

Nos amis de tribord...

medium_tarncopier.2.jpg

Vous en rêviez, ils l'ont fait !... Et oui depuis quelques mois nos homologues populaires du Tarn ont mis en ligne leur blog. Lieu important du débat d'idée, on peut se demander si le manichéisme, la binarité n'est pas le corrolaire de cette fausse bipolarité du système politique français. 

En effet, on peut lire de savoureuses notes sur un "im"probable mais savoureux gouvernement Royal où le simplisme semble remplacer la culture politique. Entre parenthèse, on parlerait du gouvernement Ayrault et pas Royal... 

Quel ironie pour le débat politique de se porter sur le nom et les discours du leader, au lieu de regarder l'état de la société, d'en dresser le diagnostic et de proposer en conscience les propositions que le président de l'UMP pourrait porter. Cette fausse impression d'appartenance, empreinte d'un paternalisme que l'on croyait disparu avec la création de l'UMP, traduit bien le message des résistants de l'UDF au Congrès de l'union en mouvement (ancêtre de l'UMP) à Toulouse en 2002 : à vouloir être tous ensemble on ne pense plus rien...

Porter un projet politique, pour un parti et notamment pour son aile jeunesse doit être la capacité à impulser la réflexion en leur sein,  des propositions et des relais qui façonnent une nouvelle société, plus juste, libre et solidaire. Arrêtons donc de le nominalisme présidentiel pour nous concentrer sur la construction de l'argumentaire, source fondamentale du politique.

Commentaires

On n'improvise pas un argumentaire et même s'il parait virtuel, un blog est un exercice de forme mais le fond est l'élément de base.

Preuve que sur le navire des Présidentielles, à l'UMP c'est "blogue qui peut"...

Ecrit par : Jean-Baptiste | 28.01.2007

Les derniers sondages accordent une place de plus en plus importante à François Bayrou. Ce n’était pourtant pas chose évidente lorsque l’on décompte le nombre de députés UDF et de son poids (très relatif) dans les médias. Candidat centriste qui monte qui monte, il ne pouvait que faire l’objet d’un petit décryptage par nos soins.



Première chose, il ne me parait pas juste de s’attaquer à l’homme. En effet, ce dernier est compétent, honnête, cultivé, amoureux de la culture littéraire française (ce qui est bon signe car mieux vaut être adepte de cette culture que de celle des sumos…) et enraciné dans le pays. Ces nombreuses qualités font de lui un homme attachant. Pourtant, il est, à mon sens, le symbole du vote inutile.



Il me parait nécessaire, pour nos plus jeunes lecteurs, de faire un petit rappel historique pour savoir de quelle lignée il se réclame : le centrisme. Cette doctrine prends les formes du libéralisme, de la décentralisation, de la méfiance vis-à-vis de l’exécutif (d’un homme fort à la tête de l’Etat si vous voulez), dans le rejet du dogmatisme partisan et enfin par un européanisme irréfragable. Ces quelques composantes sont au cœur de la pensée centriste et qui justifient les faits d’armes de ces derniers :



- la méfiance de Giscard à l’encontre du Général de Gaulle : faut il rappeler que Valéry est passé, en 1966, du « oui mais » au « non » en 1968 (après que le Général l’ait évincé de son gouvernement et après le triomphe du parti gaulliste aux élections de 1968)? Certains gaullistes verront alors Giscard comme un des acteurs majeurs de la chute du Général, ce qu’ils ne lui pardonneront jamais. Néanmoins, le fond de l’opposition se situait sur la question de l’orientation présidentielle voulue par le Général alors que les centristes préféraient donner davantage de pouvoir au Parlement.

- la volonté constante de ne jamais se sentir emprisonné dans un camp

- les pionniers de l’Europe actuelle sont tous centristes. Jamais un UDF n’a émis la moindre critique au dessaisissement progressif des prérogatives étatique du gouvernement français à Bruxelles.

- le centrisme a toujours reproché aux gaullistes la forte présence de l’Etat



Rappelons aussi que, depuis que l’élection du Président se fait au suffrage universel direct, les centristes ont toujours (sauf en 1995 où l’UDF soutenait Balladur) présenté un candidat : Lecanuet, Poher, VGE, Barre et Bayrou. D’ailleurs, les ministres UDF ont toujours participé aux gouvernements de droite. C’est historique : sous la 5ème république, pour qu’un parti survive, il se doit de présenter un candidat, sinon, il est mort. La candidature de Bayrou n’est donc pas une surprise. Ce qui est, à mes yeux, détestable, c’est la posture du candidat Bayrou, qui pourtant, à bien y réfléchir, n’est pas surprenante.



En effet, son comportement est la queue de la commette de la contestation de la droite Bonapartiste (où gaulliste) : il termine en quelque sorte la mue du centrisme qui est passée d’une collaboration totale avec les gaulliste en 1958 à la rupture totale d’aujourd’hui. Là aussi, la position de Bayrou ne fait qu’achever le divorce latent depuis 50 ans entre ces deux droites.



Pourtant, et c’est là que le bas blesse, si Bayrou avait été fidèle à la doctrine centriste, il aurait dû se rapprocher de l’UMP devenue, avec le temps, décentralisatrice, européenne et soutenant Chirac qui est tout sauf un autoritaire. C’est la raison pour laquelle je vois en Bayrou l’accomplissement d’un destin personnel plus qu’une divergence sur le fond : demandez au français les différences programmatiques entre l’UMP et l’UDF et, à moins de tomber sur un docteur en sciences politique, personne ne vous répondra. Sur bien des points, et je le regrette, l’UMP a rejoint les préoccupations de l’UDF (Europe, mondialisation, décentralisation…). Le seul point véritable de divergence concerne le rôle du Président. Sarkozy symbolise en effet un Président fort et autoritaire.



Enfin, et mes amis centristes, vont m’en vouloir mais je finirais ma petite démonstration par un rapprochement évident : Bayrou reprend (et personne ne le signale), la même stratégie que Le Pen, la victimisation. Comme Jean Marie, François profite de tous ses passages à la télé pour dire qu’il n’y passe pas assez. Alors qu’on traitait Le Pen de poujadiste, les centristes ont la même attitude que les frontistes. De plus, François dénonce partout le duo Ségo Sarko, « l’establissment » comme Jean Marie critique depuis toujours, en les renvoyant dos à dos, le PS et l’UMP. Là aussi, personne ne fait le rapprochement. Finalement, comme Le Pen, Bayrou espère attirer à lui les déçus du PS et de l’UMP. Seulement lui, il captera les voix des gens (les cadres et les bobos) qui en ont marre mais qui ne voteront pas Le Pen. Enfin, comme JMLP, il espère être élu, tout en sachant qu’il n’a aucune chance d’avoir, à l’assemblée, une majorité. Il faudra donc composer, mais avec qui ? Silence radio…



Là est le drame de Bayrou : derrière l’homme sympathique se cache un néant programmatique. Mis à part des joutes verbales, cet homme (qui a été un ministre lâche) ne se distingue que par le changement de têtes qu’il réclame. Sur les sujets essentiels, il n’apporte aucune réponse intéressante alors que la France a besoin de changements profonds. Que ses électeurs le sachent, s’il est élu, qu’il réunit la droite et la gauche et qu’il échoue, les français se tourneront alors vers les extrêmes car ils n’auront plus d’autres choix…

Ecrit par : Benoit | 29.01.2007

J'en apprend tous les jours... Le centrisme, une doctrine! C'est une posture et c'est bien le drame de la V° République que d'en avoir fait un discours. Être au centre c'est considérer que les oppositions actuelles ne génèrent pas un clivage transcendant, mais ca ne reste qu'un positionnement.
Qu'est ce qui sépare Parti Socialiste de l'UMP ? Un pas sociologique d'une part, une masquarade de l'autre (Juppé - Strauss-Kahn, pas beaucoup de différence)...
Il est temps de construire de vrais clivage, la convergence programatique de l'UMP et de l'UDF était une réalité en 2002 comme la convergence avait eu lieu entre le PS et l'UDF en 1988 (participation de certains UDF au grouvernement Rocard).
Toutefois là n'est pas la question, l'UDF, sa doctrine si on doit le dire ainsi... repose sur une démarche démocratique et sociale qui place l'Europe comme rempart. A l'heure actuelle, le gouvernement et Nicolas Sarkozy (discours d'Agen) ont opéré un recul en revenant sur l'idéologie de l'intérêt national au lieu de privilégier l'intérêt communautaire, les socialistes sont circonspects depuis le non au Traité référendaire...
Pour nous la République et l'Etat providence qui en découle doit se fortifier dans l'Europe pour lutter contre les effets dévastateurs de la mondialisation en respectant l'identité de ce qui constitue la France et de son système.

Ecrit par : Alexandre | 29.01.2007

Ah la critique n'est plus ce qu'elle était... Qu'il est facile de tomber dans cette lâche facilité...Quand on sait que les jeunes UDF du Tarn ont refusé le débat avec les Jeunes Populaires malgré leurs relances, il est facile de voir où se situent ceux qui n'amènent rien au débat politique... A moins qu'ils n'aient rien à y amener...

Ecrit par : Audrey | 29.01.2007

Audrey,


C'est vrai, nous formulons des critiques. Nous voulons qu'elles vous aident à proposer une véritable argumentation, que le débat devienne un échange d'idées constructives. Il nous semble que c'est le concept même de la politique.

Nous sommes dès lors attentifs à vos remarques, et nous sommes prêts à dialoguer avec vous comme avec tous les Tarnais.


Cordialement,


Bertrand Enjalbert
Responsable Départemental Jeunes UDF



N'oubliez pas la troisième voie: www.bayrou.fr

Ecrit par : Bertrand Enjalbert | 30.01.2007

Pour ce qui est de la critique, votre prédécesseur en a connu les foudres...

Ecrit par : fantomas | 30.01.2007

Les commentaires sont fermés.